Le prix du Design

Si vous vous êtes déjà demandé ce qui justifie la réelle différence de prix entre un canapé Rochebobois et un canapé IKEA, cet article est fait pour vous!

Outre les justification vaseuses du type « c’est du luxe » , ou pire encore « c’est design », comment le prix des produits diffère-t-il autant?

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1. Comment se calcule le prix d’un produit?

Le prix d’un produit dépend tout d’abord de plusieurs facteurs internes à l’entreprise: les coûts de production, répartis en deux catégories, les coûts fixes (qui ne varient pas en fonction du volume de la production, par exemple le loyer du local occupé, la location de matériel…) et les coûts variables qui dépendent des quantités produites (matières premières, énergie…).

L’entreprise calcule donc un prix unitaire de production auquel va s’ajouter le coût unitaire de distribution qui vont donner le coût de revient unitaire. A cela va s’ajouter une marge qui va déterminer le prix de vente du produit (à savoir que le prix de vente définitif d’un produit peut s’être vu attribué plusieurs marges, celle du fabricant et celle du point de vente, voire celle de l’éditeur…).

2. L’influence de la concurrence.

Il faut aussi savoir que le prix va dépendre de la cible, c’est-à-dire la catégorie de consommateur visée (homme de 30 ans avec un revenu supérieur à 20 000 euros annuel par exemple). La marque Louis Vuitton va par exemple augmenter ses prix pour cibler une certaine catégorie d’acheteur, en écarter d’autres et les faire rêver.C’est ce qu’on va appeler la segmentation.

Il faut aussi que les prix soient en adéquation avec ce que proposent les concurrents, et oui, on ne voudrait pas dévaloriser notre marque…

3. L’origine du produit.

Le lieu de fabrication est un facteur fondamental du prix de vente. Il faut savoir que produire en Asie va coûter environ 10 fois moins cher que produire en France! La raison? Et bien elle est politique, sociale, culturelle… Et oui les normes européennes sont beaucoup plus drastiques, les salaires plus élevés, la production est aussi plus contrôlée et la qualité bien plus exigeante. Faire traverser un container à travers le monde coûtera malheureusement toujours moins cher. Et l’écologie dans tout ça? …

On parle de fabrication des produits, mais il en est de même avec la transformation des matières premières, cuir d’Italie, bois des Vosges… C’est beau mais c’est plus cher…Il faut savoir ce qu’on veut!

4. La technologie.

Les technologies mises en œuvre dans la réalisation du produit vont aussi fortement rentrer en compte. Pour l’anecdote, lorsque je travaillais dans l’industrie plastique nous achetions 1kg de polypropylène à 1€. J’avais fait des recherches sur un plastique « végétal » et le moins cher revenait à 12€/kg.

Résultat : un « Aïe, dommage mais c’est pas possible » de mon employeur. Malheureusement plus le produit nécessite une technologie de pointe, plus son prix sera élevé!

5. Et le designer dans tout ça?

On y vient, on y vient, vous saviez bien que j’en parlerai!

Il y a tout d’abord deux « espèces » de designer:

Les designers salariés d’une entreprise (bureau de recherche & développement, agence…) , qu’on appelle dans notre jargon « designer intégré« . Ils dépendent d’une entreprise au même titre que n’importe quel employé, vous ne verrez donc pas son nom sur votre souris d’ordinateur ou sur votre fourchette… Je les appelle les « designers de l’ombre », ils ont autant de mérite que les autres (parfois) mais sont masqués par une marque et une identité qui ne leur appartient pas.

-Les designers à leur compte: On parle ici de « designer freelance« , qui, au même titre que toute profession libérale, paye lui même ses charges et ses cotisations auprès de l’URSSAF. Un freelance peut se rémunérer de plusieurs façons:

  • Par la vente de ses créations auprès d’une entreprise ou d’une maison d’édition. Le designer délivre alors un contrat de licence d’exploitation d’un modèle qui atteste des droits de l’entreprise à utiliser et vendre le produit pour une durée déterminée (3/5/10/15 ans). Il recevra de l’argent sous forme de royalties (ou redevances) reversées deux fois par an et qui correspondent à un pourcentage sur le chiffre d’affaire de l’entreprise (de 3 à 7% en général). L’entreprise n’a donc pas d’argent à sortir en amont du projet mais s’engage pour une durée plus longue auprès du designer. Celui-ci va par contre devoir attendre la mise en vente du produit définitif avant de percevoir un salaire.
  • Par des contrats qui vont le lier à une entreprise pour une durée déterminée. L’entreprise va verser mensuellement une somme d’argent au designer pendant une durée limitée, à la manière d’un CDD. Ce système a pour avantage d’établir une véritable relation entre l’entreprise et le designer, essentielle pour le développement d’une gamme complète de produits par exemple.
  • Par des contrats « one shot », un forfait d’heures à passer sur un projet. Le designer ne verra pas forcement toutes les étapes du développement du produit, ce qui peut poser parfois problème…

J’espère ainsi avoir éclairci le sujet tout en restant synthétique, si vous avez des questions n’hésitez pas à nous contacter!

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